En attendant de se retrouver enfin, nous vous proposons chaque semaine un petit portrait d’un.e de nos danseurs.ses de la Compagnie qui participera à la prochaine création 2021 : Phœnix.

 

LOLA KERVROEDAN

LOLA KERVROEDAN
💬 Raconte-nous ton parcours, comment es-tu venu à la danse ?
Naturellement voire instinctivement, je suis rentrée de l’école petite fille en disant à mes parents que je voulais faire de la danse. Et je n’ai jamais changé d’avis depuis. Et même si j’ai commencé à en faire que beaucoup plus tard, c’est une envie qui remonte à loin dont il est difficile de marquer ou nommer le début. C’est comme si j’avais toujours dansé. Ou comme si j’avais toujours voulu faire ça. Puis très rapidement après avoir commencé, je suis rentrée au conservatoire puis au CNSMDP. Sortant de ce parcours très « traditionnel » j’ai décidé de tout déconstruire et de ne faire que ce qui m’intéressait vraiment. J’ai commencé ma carrière freelance et j’ai découvert des horizons très différents à travers toutes les compagnies avec lesquelles j’ai pu évoluer. Ce qui m’a motivé et motive encore mes choix, c’est de toujours me renouveler, toujours me challenger et aller chercher de nouvelles choses dans ma danse, dans mes rencontres et dans mon rapport au public.
 
 
💬 Qu’est-ce qui différencie la compagnie Grenade par rapport aux autres compagnies dans lesquelles tu es passé?
C’est la première fois que j’ai dansé une pièce de répertoire. Je suis entrée dans la compagnie Grenade pour danser Kamuyot d’Ohad Naharin et c’était pour moi une toute nouvelle expérience. J’avais jusqu’alors seulement travaillé sur des projets de créations. Pour cela, je savais que Grenade serait un nouveau challenge en tant qu’interprète. Me dévouer entièrement à une écriture chorégraphique qui certes m’a toujours plu mais que je ne maitrisais pas.
 
 
💬 La nouvelle pièce 2021 de la compagnie Grenade sera créée de manière collective avec les danseurs.
Qu’est-ce qui t’inspire, quel est ton processus de création?
La création c’est ce qui fait que je fais ce métier. Tout peut être source d’inspiration. Cette période très particulière par exemple est source d’inspiration, d’envies et de désirs. Et plus généralement, j’ai toujours envie de chercher plus loin, plus profondément, qui je suis, le corps, les émotions, les sensations. C’est ce qui m’anime dans ce projet, ce nouveau terrain de jeu dans lequel je peux expérimenter, découvrir, transposer. Je suis en perpétuelle recherche de poésie, j’ai besoin de cela et surtout en ce moment ! C’est ce que je cherche à trouver, apporter, redéfinir dans cette création.
 
 
💬 Comment vis-tu en tant que danseur cette période si particulière? Un petit conseil pour les danseurs qui te liront?
Beaucoup de danseurs diront que cette période est stérile, je n’en suis pas si sûre. Elle l’est si on ne regarde que le fait qu’on ne puisse plus se produire devant un public. Et c’est vrai, c’est extrêmement dur en tant que danseur de ne pas pouvoir aller sur scène, proposer et échanger avec le public. Mais en même temps je dois avouer qu’elle m’a permis un véritable travail sur moi, un temps de recherche corporelle, de créativité, un temps qui m’a obligé à me redécouvrir et redéfinir mes désirs. Ne plus faire pour faire mais affirmer ce que je suis, pourquoi je fais ce métier, dans quels buts… Et ce temps là n’est pas négligeable. Si j’ai un conseil c’est d’utiliser ce temps pour faire ce qu’on a jamais eu le courage de faire ou d’essayer et surtout de continuer coûte que coûte à être créatif, c’est ce qui nous sauvera de tout ça. C’est qui me sauve moi…

RÉMY RODRIGUEZ

LOLA KERVROEDAN
 

💬 Raconte-nous ton parcours, comment es-tu venu à la danse ?
Je suis danseur de la Compagnie Grenade – Josette Baïz. Modèle photo/vidéo de plusieurs projets artistiques je partage mon temps entre le Sud de la France et Londres. Je suis Professeur diplômé d’État de danse Jazz, mais aussi titulaire du brevet fédéral de juge de gymnastique, mon désir de découvrir et d’apprendre m’amène à parcourir le monde. Aujourd’hui je me lance dans la chorégraphie et je crée un solo « Polymère » qui traite de l’impact du plastique sur l’environnement.

💬 Qu’est-ce qui différencie la compagnie Grenade par rapport aux autres compagnies dans lesquelles tu es passé ?
Premièrement, c’est une des premières compagnies que je vois dirigée uniquement par des femmes. Je soutiens la force que cette compagnie impose ! La compagnie Grenade reste malgré les projets extérieurs de chaque danseur très soudé.

💬 La nouvelle pièce 2021 de la compagnie Grenade sera créée de manière collective avec les danseurs. Qu’est-ce qui t’inspire, quel est ton processus de création ?
En effet la nouvelle pièce de 2021 sera créée de manière collective. Josette nous a proposé de créer un tableau chacun. Pour ma part, j’ai décidé de chorégraphier une partie d’ensemble avec les 11 autres danseurs sur le thème de la transe et l’extase. J’aime jouer avec les structures, les chiffres et l’espace.

💬 Comment vis-tu en tant que danseur cette période si particulière ?
En tant que danseur je ne cache pas que cette période est assez difficile sachant que le meilleur nous a été privé. Le partage. La danse est un moyen de partage. C’est un moment, un geste, une interprétation qui touche l’âme du public. Pour moi, la relation entre le danseur et l’audience est essentielle. Danser en studio n’est plus suffisant…
La compagnie Grenade nous offre une autre approche, celle de la chorégraphie, ce qui nous permet de nous épanouir autrement.
Malgré cette porte fermée, je m’ouvre à plein d’autres activités et projets pour rester actif et penser à autre chose.

💬 Un petit conseil pour les danseurs qui te liront ?
Improvise. Crée. Partage.