Entretien avec Josette Baïz |
crédit Yohanne Lamoulère |
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" Il y a toujours quelque chose de l'enfance qui va l'emporter " |
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| Comment préparez-vous cette création à quelques semaines de sa sortie? | ||
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A ce stade de la création, je ne dois rien laisser passer. Il faut travailler la qualité, le détail sur chaque pièce. C'est un travail redoutable pour les danseurs mais nécessaire. Nous enchaînons les filages pour "sentir" la pièce dans sa totalité, travailler les transitions et l'homogénéité globale. Nous devons parvenir à un résultat qui ne soit pas un enchaînement de différentes pièces mises bout à bout. Enfin, nous essayons de travailler sans stress: les 20 ans de Grenade sont avant tout un anniversaire !
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| Comment se déroule le travail avec les chorégraphes ? |
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Les chorégraphes se sont montrés très à l'écoute de ma proposition. Ils étaient confiants dès le départ et au fil du temps nous sommes parvenus à une vraie collaboration. Ces chorégraphes sont très appréciés des danseurs avec lesquels ils ont créé une relation de confiance. Les danseurs ont conscience que ce travail est intéressant et enrichissant pour eux. De vrais liens affectifs se sont créés, il y a eu de très beaux échanges et chaque danseur a véritablement envie de réaliser une interprétation dont le chorégraphe sera fier. |
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| "Grenade les 20 ans" sera créé sous la forme de deux programmes, était-ce votre projet initial ? |
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Au départ, il n'y avait qu'une seule proposition. Compte tenu du nombre important de chorégraphes, l'ensemble nous a semblé lourd dans sa configuration initiale. Je ne voulais pas d'une proposition trop longue qui pouvait desservir le propos artistique. L'anniversaire sera donc présenté sous la forme de deux programmes distincts d'1h20 avec une partie commune d'1h environ. Chaque programme est équilibré et je pense que le spectateur s'y retrouvera aussi.
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En quoi cette création permet-elle de fêter 20 ans de Grenade? |
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Fêter les 20 ans de Grenade de cette façon, c'est repousser les limites de ce que nous avons fait pendant ces 20 dernières années. Nous nous sommes ouverts à toutes ces danses, à toutes ces techniques et nous en voyons aujourd'hui l'aboutissement. Les danseurs sont capables d'interpréter des styles chorégraphiques très différents. Enfin, quel merveilleux cadeau d'anniversaire que d'avoir la confiance de ces 7 chorégraphes pour nos 60 danseurs !
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| De quelle façon les danseurs ont-ils été répartis sur les pièces des chorégraphes? |
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La répartition s'est faite progressivement; je trouvais intéressant de confier les plus jeunes à Jean-Claude (Gallotta); en discutant avec Angelin (Preljocaj) nous avons pensé que des adolescents ou des pré-adolescents seraient dans la bonne période pour défendre le propos de la pièce "Marché Noir"; les Duos ont ensuite été confiés à des "couples enfant-adulte"; les adolescents ont investi les pièces de Jean-Christophe (Maillot) et la Compagnie de son côté m'avait fait part de sa grande envie de travailler avec Abou Lagraa.
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| Qu'espérez-vous de et pour cette création? |
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Ces pièces connues et reconnues vont être pour la plupart revues à travers le prisme de l'enfance et de l'adolescence. La lecture va en être forcément différente. Malgré l'intention initiale des chorégraphes, il y a toujours quelque chose de l'enfance qui va l'emporter. Les enfants se créent leur propre vision de chaque pièce, ils construisent leur univers sur ce qu'ils en comprennent. Dès lors qu'il y a des enfants sur scène, la lecture n'est plus la même. J'espère que l'investissement et la passion de ces danseurs et jeunes danseurs sera récompensée. Josette Baïz, Septembre 2011 |
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